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Emeline et Adalbert 08

Posted in Oulibouf on January 10th, 2012 by gerard – Comments Off

Voilà que Raimondo nous offre de débuter l’année sans Viagra, ni amidon, ni baleine! Merci l’ami!

VIII

Adalbert Flavien Gaétan de Coucy se mit dans une folle colère quand il apprit le refus d’Albine de passer la nuit avec lui. Il ne pouvait admettre qu’une fille d’aussi basse extraction, puisse décliner un tel honneur. Son écuyer Renaud cacha les raisons profondes de cette attitude ; il se proposa de trouver parmi les femmes vivant au palais, une candidates jeune et jolie qui puisse transformer sa nuit en un moment de délice. Mais le Grand Vizir Conium s’approcha de son nouveau maître, l’assurant de toute sa sollicitude, de son entier dévouement ;  dans l’immédiat, il lui garantissait la venue d’une perle rare dont il n’aurait qu’à se louer.

-         Voilà qui est parfait. Quand à toi, mon fidèle écuyer, je te charge d’aller quérir mon épouse bien aimée, restée dans le royaume de France, afin qu’elle puisse bénéficier ici de son titre de vice reine.

Renaud savait déjà qu’il profiterait de cette occasion pour rejoindre son Albine.

De son côté, Aïcha semblait vouloir choisir une vie de luxe auprès d’Ali qui lui avait montré les trésors amassés dans ses cavernes : perles et pierres fines, tissus chamarrés, vaisselles en métaux précieux, meubles en bois précieux, important magot soigneusement à l’abri en des lieux, accessibles à lui seul à l’aide d’une clé pendant au bout d’un collier en métal précieux.  Il y avait là de quoi s’assurer une vie exempte de soucis durant de longues années.

Et un soir, tout bascula ; ce jour là,  Aïcha n’était pas en mesure de répondre aux sollicitations érotiques d’Ali, la nature lui ayant apporté ces ennuis passagers que toutes les femmes connaissent. Elle s’en ouvrit à son amant qui ne tenait pas à se voir privé de son petit bienfait quotidien. Dès lors, il se conduisit d’immonde façon la bousculant sur le lit et découvrant ces rondeurs fessières qui le fascinaient. Jamais Aïcha n’avait osé cette caresse particulière ; l’idée ne la répugnait pas à priori, mais elle attendait la venue d’un soupirant délicat plein de prévenance et de tendresse pour tenter l’expérience. Ce ne fut pas le cas ce soir là : Ali se conduisit comme un soudard, comme un être dénué de délicatesse, sans aucun égard dans sa façon d’agir. Aïcha serra les dents, essuya une furtive larme, mais décida que sa vengeance serait à la hauteur du forfait.

Dès le lendemain, elle  entreprit  de poursuivre son voyage, laissant espérer à Ali qu’elle lui préparerait, au palais du Sultan Bourrin, toutes les conditions pour   réaliser le larcin le plus phénoménal qui soit, le pillage du siècle, en quelque sorte. Une fois de plus, cette nouvelle laissa Ali, baba.

Donc, Aïcha préparait sa vengeance.

*

*       *

De son côté Emeline réfléchissait à la façon de tirer Florian, de l’impasse dans laquelle il s’était fourvoyé. De toute évidence les études de médecine ne lui apportaient aucun attrait, mais que pouvait-elle lui conseiller pour orienter sa vie, et surtout dans l’immédiat, pour le libérer de ses dettes ?

C’est alors que le destin vint jouer les redresseurs de torts. Un soir, la maison en bordure de la ville, eut la visite d’un moine, un homme de haute taille à la longue barbe fleurie, revêtu de la sombre robe de bure des franciscains. La tenancière s’étonna de la présence en ce lieu de cet homme d’Eglise. Elle comprit qu’il n’était pas un client ordinaire lorsqu’il demanda sur un ton ne supportant  aucune réplique à s’entretenir avec Florian ; ce dernier était pour l’heure en compagnie d’Emeline et certainement dans une tenue peu respectueuse pour les yeux du  saint homme ; la femme hésita à l’y conduire et même s’interposa en tentant de lui barrer le passage.

-         Arrière pècheresse ! ôte-toi de mon chemin, pourvoyeuse de l’Enfer, je n’ai nul besoin de toi pour trouver ce suppôt de Satan.

Et de fait après avoir inspecté quelques chambres, et troublé la quiétude de couples en galante action, il trouva les deux cousins  dans l’acrobatique position de la rose feuillue. Son sang ne fit qu’un seul tour, mais son ire décupla:  à l’aide du cordon lui servant de ceinture qu’il replia plusieurs fois, il se mit à fouetter ces corps nus avec une vigueur peu commune, sans se soucier de leurs cris de douleur, cris qui alertèrent maints curieux, arrivés de toute part dans des tenues plus ou moins présentables. Négligeant ces curieux,  sur lesquels il aurait volontiers assouvi sa fureur vengeresse, il laissa tomber à l’égard de Florian son verdict, d’une voie caverneuse :

-         Rhabillez-vous Monsieur et suivez-moi. Le Comte  votre honorable père, informé de la vie dissolue que vous menez ici, m’a chargé de vous ramener dans votre Anjou natal pour y recevoir ses ordres.

Florian allait répliquer ; un magistral soufflet l’en empêcha.

-         Fermam gueulum,

cria-t-il, reprenant la célèbre apostrophe de Jules César aux gaulois, à la célèbre bataille d’Alésia.

Puis se tournant vers Emeline, qui contemplait avec horreur, les traces rouges laissées par cette fustigation :

-         Quant à vous Madame,  que les flammes de l’Enfer brûlent éternellement ces chairs impures que vous octroyez à tout venant.

Avant de partir, Florian voulut donner à sa cousine un ultime baiser d’amour, mais la poigne du franciscain l’en empêcha et Emeline songea avec nostalgie qu’elle n’aurait certainement plus jamais l’occasion de le revoir ; avec lui, elle avait passé d’inoubliables moments, dont le souvenir lui faisait chaud au cœur (et non seulement au cœur), mémorables instants qu’elle ne regrettait pas, malgré les dernières imprécations du moine.

Dès le lendemain, elle prit le chemin du retour. Quelques mois plus tard elle retrouva son castel, mais, on le verra, les choses avaient bien changé.

*

*      *

Au palais du sultan Bourrin, Aïcha et ses musiciennes avaient été fort bien reçues. Cette troupe de baladins allait renouveler les spectacles qui s’y déroulaient d’ordinaire et le sultan applaudit à cette heureuse nouveauté. Outre l’aspect festif, but de son voyage, Aïcha n’avait pas oublié, son désir de vengeance ; elle élabora  un projet destiné à châtier l’odieux et Tamère fut chargé de l’exécuter. Or, parmi les musiciennes du groupe, il y avait là une jeune femme,  Shéhérazade, une joueuse de luth très réservée,  mais dont les avis étaient toujours appréciés et les jugements emprunts de sagesse. Informée des projets d’Aïcha, elle se proposa d’accompagner Tamère, laissant entendre à demi mot, qu’elle pouvait lui apporter une aide efficace. Aïcha ne négligea pas cette offre, bien au contraire, persuadée qu’elle avait trouvé en Shéhérazade, dont elle avait par ailleurs remarqué le bon sens, une alliée de poids. Elle  leur souhaita bon voyage,  permettant à Tamère, une tendre incursion sur ses seins, sous le regard complice de Shéhérazade.

Ces envoyés de la vengeance accomplirent leur tâche avec le zèle qui convient et toute la réussite voulue. Quelques semaines plus tard,  le devoir accompli, ils s’en revinrent auprès d’Aïcha et  lui remirent un coffret en bois de santal paré de ciselures d’or…

Raimondo (à suivre)

Emeline et Adalbert 07

Posted in Oulibouf on November 10th, 2011 by gerard – Comments Off

Septième épisode! Allez, boum, servez chaud m’sieur Raimondo!VII

    Nous avons laissé nos trois héroïnes dans des situations d’attente et le rapporteur que je suis se rend compte de l’impatience  qui doit se manifester parmi ses fidèles lecteurs ; il est grand temps de jeter un regard sur leur destin hors du commun.

   En arrivant à Montpellier, Emeline se dirigea vers la faculté de médecine, espérant y retrouver son cousin Florian qu’elle avait hâte de revoir. Disons-le sans attendre, elle sentait en son bas ventre une sorte de feu que son cher cousin pourrait éteindre. Malheureusement, les réponses qu’elle reçues le concernant, de la part des étudiants de l’université,  ne furent que  quolibets et rires moqueurs ; Florian était certes bien connu, mais comme un joyeux fêtard et non comme un disciple d’Hippocrate. Il passait une grande partie de son temps en une charmante demeure située au bord de la ville, au bordeau comme on disait alors, au bordel comme  le mot est devenu par la suite. Emeline n’avait jamais, au cours de ses études chez les Ursulines, entendu parler de ce type d’habitation et comptait bien se rendre compte de visu de ce qu’il en était.

   Un matin, elle s’y rendit et fut accueillie par une dame d’un âge canonique, outrageusement fardée qui lui demanda avec un large sourire de bien vouloir patienter, le vicomte Florian, étant pour l’heure très occupé.

-         Occupé, hurla Emeline d’un ton peu aimable, occupé alors que je viens de faire des centaines de lieues pour le retrouver ! Menez-moi sans tarder auprès de lui, je vous prie.

   Le ton n’admettant aucune répartie, la brave tenancière s’exécuta, la menant à l’étage. En entrant dans une pièce décorée de riches tapisseries, Emeline découvrit, sur un grand lit paré de chaudes fourrures d’animaux,  son cousin au côté d’une charmante demoiselle ; tous deux étaient nus et il n’y avait aucun doute à avoir sur leurs occupations.

-         Cousine Emeline, s’écria Florian, sois la bienvenue en cet antre de l’amour.

   Emeline ne savait trop quelle contenance adopter, mais finalement se laissa emporter par les démonstrations de bienvenue qui lui étaient prodiguées : tous trois se retrouvèrent nus sur le lit douillet. On se fit des chatouilles, des papouilles, des gratouilles, tout un tas de délicieuses caresses qui vous mettent le corps en émoi et lorsque Florian fut hors course, les deux femmes poursuivirent un long moment encore leur folle chevauchée, avant d’atteindre à leur tour un sommeil réparateur.

   Aïcha, durant ce temps, s’éloignait des terres du Sultan Tacul, en compagnie de son ami Tamère, en direction des terres du Sultan Bourrin. Quelques musiciennes qui accompagnaient d’ordinaire la danseuse dans ses exhibitions, étaient du voyage, heureuses de voir leur vie prendre un tour nouveau.

   Au cours de ce déplacement, l’occasion leur fut donnée de rencontrer, dans une région montagneuse, un groupe d’une quarantaine d’hommes. Avec leur chef, un certain Ali, ils vivaient de rapines, dévalisant les caravanes des voyageurs et des commerçants. Aïcha sut faire face à ces détrousseurs et, afin de calmer de  possibles velléités, décida de les amuser. Et avec ses compagnes, elle leurs montra  tous les secrets de son art. Les voleurs furent subjugués par  ce délicieux intermède qui laissa Ali, baba ; et pour honorer cette délicieuse almée, il lui trouva pour la nuit, une place dans l’une des cavernes où il remisait le butin de ses vols. Elle ne se montra pas indifférente et sut lui apporter l’apaisement de ses sens enfiévrés à la vue d’une aussi jolie femme. Ce soir là, Aïcha fit preuve d’une maestria hors du commun et d’une imagination peu ordinaire : elle s’offrit à lui dans la position de la tigresse khmère, celle du python musculeux et le gratifia enfin d’une mémorable sucette, qui, une fois encore laissa Ali, baba.

   Après ces exploits, Aïcha se demanda quelle conduite tenir ; elle avait fort envie, de se faire une place auprès d’Ali, mais par ailleurs elle savait que l’envie des hommes est éphémère et qu’un jour, un minois plus frais, une chair plus lisse viendrait prendre sa place. Dans l’immédiat, elle se donna le temps de la réflexion et durant quelques jours fit halte, dans l’attente de rejoindre le palais du Sultan Bourrin.

   Quant à Emeline, lorsqu’elle s’éveilla, elle se remémora les magiques instants vécus avec son cousin et cette jeune femme qui, comme Aude autrefois lui avait procuré de merveilleux frissons.  Elle ne savait toujours pas, ce que Florian faisait ici en cette demeure au lieu de poursuivre ses études médicales. Elle décida de le réveiller afin d’avoir tous les éclaircissements possibles ; et la meilleure façon de le tirer de ses rêves n’était-elle pas d’offrir à son sexe endormi, les bienfaits d’une bouche ravageuse qui fit un beau miracle ; et lorsqu’elle avala le délicieux nectar, elle se rendit compte qu’elle avait faim.

Au cours du repas qu’elle prit en compagnie de son cousin, Emeline apprit ce que les Ursulines avaient omis de lui enseigner au sujet de ces maisons où des femmes jolies, mettaient leur charité à faire du bien à leur prochain. Mais surtout elle découvrit que son  Florian, du fait de la vie désordonnée qu’il s’était  créée, n’avait plus un seul écu, et même était endetté au-delà du raisonnable, pour avoir dilapidé le pécule fourni par le Comte, son père, pour subvenir à ses études.

   Il était temps qu’elle intervienne. Reste à savoir comment…

   Albine avait trouvé refuge au campement du Comte Adalbert Flavien Gaétan de Coucy. Elle avait beau avoir troqué sa robe pour un costume d’écuyer, elle n’osait pas trop se montrer,  craignant qu’on ne remarque, malgré ses efforts pour le dissimuler, un buste un peu trop proéminent. Elle patienta tout le jour, se nourrissant de quelques fruits chapardés ça et là, attendant le retour de son Renaud,  chargé durant la bataille contre les hommes de l’Emir Obolan, d’arborer l’écusson de son maître. Lorsqu’il revint, ce fut pour lui annoncer le désir d’Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, devenu vice-roi, de fêter cette promotion par une nuit de folies amoureuses avec elle.

   Toute autre aurait été satisfaite de cette nouvelle, prélude à une ascension sociale certaine. Il n’en fut rien ; Albine, fidèle aux élans de son cœur et amoureuse de Renaud, ne se voyait pas dans la couche d’Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, fut-il devenu vice-roi. Elle renouvela à Renaud la force de ses sentiments,  et pour mieux l’en assurer se donna à lui sans réserve : elle en avait une folle envie ; après les longues heures de séparation, un tendre moment d’intimité fut le bienvenu. Ceci fait, et bien fait, elle décida de la conduite à tenir : faire croire qu’elle avait disparu. En réalité, elle avait une idée en tête : partir avec les troupes royales et regagner avec elles, Jérusalem, en compagnie des frères hospitaliers, qui d’ordinaire suivaient la troupe pour soigner les blessés, et dont elle avait remarqué la présence dans le campement, sous des tentes de campagne, parées d’une croix rouge. Elle laissait à Renaud le choix de la rejoindre à un moment opportun, ou de rester définitivement hors de sa vie, au service du Comte Adalbert Flavien Gaétan de Coucy. Un tendre baiser, scella ce projet ; désormais, il incombait à Renaud de prendre une décision à partir de laquelle elle organiserait sa vie.

Raimondo (à suivre)

Emeline et Adalbert 06

Posted in Oulibouf on September 10th, 2011 by gerard – Comments Off

…et c’est parti pour le sixième épisode! Noël! Noël!…Merci Messire Raimondo!VI

 Un singulier personnage que cet Eunuque Tamère !

Il était tout jeune encore lorsque ses parents envisagèrent pour lui l’excellente situation d’eunuque, qui  devrait lui permettre de mener une vie confortable exempte de soucis. Il fallait bien sûr, préparer le terrain, et se tourner vers une chirurgie particulière. On fit appel pour la castration à un médicastre dont la réputation n’était plus à faire, à cela près qu’avec l’âge il n’était plus aussi habile que par le passé et que l’intervention ne fut pas des plus réussies. Malheureusement, on s’en aperçut  plus tard, alors qu’il était déjà en fonction ; au lieu d’avoir l’attitude indifférente que ces gens castrés ont d’ordinaire à l’égard du beau sexe, on remarqua qu’il avait parfois des pulsions incongrues qui le poussaient à tripoter les seins des occupantes du harem. D’aucunes n’admettaient pas cette attitude, réservée exclusivement au maître de séant, d’autres les acceptaient plus volontiers, sans faire de chichi, assez contentes finalement, qu’on s’occupe d’elles.

Il se constitua alors dans le palais deux factions : les pro-Tamère et  les anti-Tamère que se heurtaient continuellement. Une révolte de palais était à craindre ; aussi le chef des eunuques crut bon d’en aviser le grand Vizir Conium ; celui-ci convenant que tout cela faisait désordre, allait avertir le sultan, mais en fut empêché du fait de la guerre avec les croisés.

On en était là. Tamère savait très bien que tôt ou tard on réglerait l’affaire à son désavantage et la proposition que vint lui faire Aïcha semblait un bonne porte de sortie. Aïcha n’avait jamais été farouche avec  Tamère ; ses gestes caressants ne la rebutaient pas et même, au contraire, la ravissaient. Elle aurait volontiers admis d’autres privautés, mais Tamère bandant mou, il ne fallait pas demander l’impossible.

 Le statut de concubine n’apportant que peu d’intérêt, Aïcha avait pour projet de se consacrer exclusivement à la danse et offrir ses services à quelque puissant potentat  ottoman ; elle avait ouï  parler d’un certain Sultan Bourrin passionné de musique et de rythme et  rêvait de faire partie de la troupe artistique qu’il avait constituée pour assurer ses loisirs. Elle comptait sur l’assistance de Tamère pour rejoindre ce sultanat situé à l’est de l’empire turc, et organiser le voyage.   Celui-ci pensa que cette proposition arrivait à point nommé : il voyait là l’occasion de s’éloigner du harem de feu le Sultan Tacul, devenu pour lui un lieu où les difficultés n’allaient pas manquer ; il accepta, bien sûr, et pour sceller leur accord, Aïcha lui laissa tripatouiller ses seins. Ceci fait, en prévision du voyage, fixé au lendemain, elle alla prendre un peu de repos et pour se détendre, se fit un petit plaisir manuel. Après tout, comme l’a dit le poète : il n’y a pas de mal à se faire du bien.

De même qu’Aïcha se préparait à émigrer vers d’autres lieux, Emeline, elle aussi, avait des idées d’évasion. Lasse d’attendre en un sombre castel le retour d’un époux qui tardait, elle décida de visiter royaume de France, et rejoindre la belle ville de Montpellier, cité  très réputée en cette époque médiévale, pour sa beauté et  sa faculté, où son cousin Florian poursuivait ses études de médecine. Elle n’avait pas oublié les prouesses érotiques du jeune homme et, en découvrant les charmes de cette cité méridionale, elle était assurée de joindre l’utile et l’agréable. Elle osait même espérer que Florian, au contact d’autres partenaires, avait acquis de nouvelles expériences dont elle pourrait bénéficier.

C’est ainsi qu’elle goûta pour la première fois de sa vie au plaisir de naviguer sur une barge et descendre le Rhône, jusqu’en Arles. Elle profita, pour le plaisir des yeux, des sites magnifiques bordant ce fleuve, frontière naturelle entre le royaume de France et les terres d’Empire. Elle bénéficia également de fort plaisantes découvertes. Alors qu’elle partageait un agréable moment avec un aimable compagnon de voyage et qu’ils avaient adopté la position amoureuse dite “ chevauchée des Walkyries ”, l’embarcation traversa une zone de turbulence ; le roulis et le tangage aidant, Emeline découvrit des sensations nouvelles loin d’être désagréables et qu’on se hâta de renouveler à l’occasion. En eaux calmes, on se contentait de positions très ordinaires, telles : la grenouille crapaudine, l’omelette ibérique, le sphinx olympien ou plus simplement, la position du missionnaire, préconisée dans tous les livres de catéchisme.

Emeline quitta, à regret on s’en doute, le charmant nobliau qui avait agrémenté son parcours sur le fleuve et se dirigea par la route, vers la diabolique cité de Vauvert avant d’atteindre Montpellier. Et là, une surprise l’attendait.

************

Alors que nos héroïnes filent vers leur destin, les guerriers depuis le petit matin en décousent avec ardeur. Les hordes de l’Emir Obolan ont fort à faire face aux chevaliers du roi de France ; le combat est inégal, entre une chevalerie bardée dans de puissantes armures et la piétaille de l’Emir, certes courageuse, mais insuffisamment protégée pour se parer des estocs virevoltants. En outre, la géniale manœuvre préconisée par le connétable porte ses fruits, et les hordes d’Obolan, prises en tenaille ne savent plus trop quelle stratégie adopter. L’Emir hurle des ordres, invective les timorés et les couards, mais  ses soldats ne cherchent qu’à fuir, pour échapper à une mort certaine qui les guette.

Dans cette furieuse mêlée, Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, après avoir occis quelques centaines d’infidèles, se décide  à une action d’éclat, dirige son destrier vers l’Emir et d’une violente poussée, le déséquilibre et  le désarçonne ;  il lève son estoc vers cet ennemi qui git au sol : point n’est question de le tuer, mais il en fait son prisonnier, dont il tirera confortable rançon. Dès lors, le chef étant mis hors de combat, la bataille prend fin : il ne reste plus qu’à égorger les ennemis qui n’ont pas été assez rapides pour fuir. A l’époque on n’avait pas encore inventé la guerre en dentelles !

 Après la bataille, on s’adressa à Dieu pour lui rendre grâce ; son appui avait permis aux croisés de faire du bon travail : on avait bien malmené les infidèles,  on en avait tué un grand nombre, on pouvait être satisfait de ce brillant résultat. Le roi félicita ses preux et fit part de ses décision : on allait désormais se diriger vers Jérusalem assiégée par les turcs, aidé en cela par des troupes alliées, arrivées plus tardivement. Néanmoins, afin de préserver ses arrières, il décida de laisser ici, dans les terres autrefois gouvernées par le Sultan Tacul, un contingent destiné à barrer la route des lieux saints à un éventuel ennemi ; et il confia le commandement de cette escouade à Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, qui fut honoré du titre de vice roi. Pour fêter cette titulature de choix, il demanda à Renaud son écuyer, d’aller quérir la belle Albine ; n’ayant pu jusqu’alors passer avec elle les bons moments que son esprit salace avait imaginés, il tenait à rattraper le temps perdu.

Renaud fut très long à s’en revenir, mais  quand il se présenta  auprès de son maître, il montrait  une mine  désolée.

-         Sire, Albine a disparu…

-         Poil au cul !

murmura à voix basse un des guerriers de l’entourage du comte, quelque peu érudit, qui depuis quelques temps, avait inventé ce nouveau jeu de mots qui commençait à faire florès chez les croisés.

Raimondo (à suivre)

Emeline et Adalbert 05

Posted in Oulibouf on July 10th, 2011 by gerard – Comments Off

Cinquième épisode du Grand Roman Médiéval! Raimondo tient le haut du pavé, il tient son lecteur en haleine, il le tient surtout par des extrémités que la décence m’interdit de nommer ici; après tout, vous n’avez qu’à lire et jouir et vous réjouir de tant de littérature oliboufienne.

V 

 Alors que les hommes se combattent, que des têtes tombent, que coule le sang, les femmes poursuivent leur vie exempte de ces charmants divertissements, exclusivement réservés à la gent masculine.

Emeline poursuit sa quête du bonheur ne négligeant aucun moyen pour y parvenir. Afin de vaincre l’ennui, elle a pris l’habitude d’organiser en son castel, des fêtes au cours desquelles il se trouve toujours quelque beau jouvenceau ;  elle n’hésite pas alors à faire preuve de charité  à se montrer une initiatrice dont on commence à vanter  les mérites dans son entourage. Elle n’a pas oublié ce merveilleux épisode avec son cousin Florian à qui elle a apporté tout son savoir et ne cesse de renouveler ces expériences, chaque fois que l’occasion lui en est donnée.

Très souvent, elle évoque ses aventures avec sa fidèle servante et accepte toujours ses judicieux conseils, fruit d’une longue expérience. Et un jour Aglaé, alors qu’Emeline lui demandait son avis sur Guillaume, le jeune fils d’un tabellion, qui allait succéder à son père en l’étude notariale, elle eut cette réponse, accompagnée d’un sourire espiègle :

_       Il est joli garçon, bien propre sur lui et je lui ferais volontiers une bonne sucette (*), avec grand plaisir.

L’expression étonna Emeline qui n’en connaissait pas l’exacte signification, faute, sans doute, d’avoir eu l’occasion de  pratiquer la chose. Aglaé fournit tous les éclaircissements possibles à sa maitresse, attestant le grand bien qu’on pouvait retirer de cette pratique, à la fois pour le donneur et pour le receveur. Emeline demeura muette, mais il n’empêche qu’en son esprit diverses images surgirent, de nombreux projets furent échafaudés. Elle se donna des occasions de contacter le jeune juriste, et sous des prétextes très souvent fallacieux, elle noua de nombreux contacts avec lui, constata qu’il était en effet joli garçon et lui fut ravi de côtoyer cette femme magnifique aux intéressantes formes généreuses.

 Au sujet de l’achat possible d’une parcelle boisée, ils se retrouvèrent sur place, en un taillis propice à l’isolement ; Emeline, le cœur battant, prit les choses ( ?) en main et commença un buccal va et vient. Elle trouva cette pratique fort plaisante : ce membre qu’elle sentait vivre et réagir entre ses lèvres lui apportait un régal, nouveau pour elle, qu’elle regrettait n’avoir pas connue jusqu’ici. Le jeune homme quant à lui, découvrait des sensations  plus fortes que toutes celles, très insignifiantes, qu’avaient pu lui apporter les jeunes donzelles de son entourage, au cours de flirts anodins.  La douce caresse se prolongea jusqu’à l’embrasement, lorsqu’elle sentit jaillir en sa bouche une chaude liqueur dont elle apprécia la venue, en jets saccadés ; Aglaé n’avait pas menti: tout cela était agréable et méritait le renouvellement.

Emeline s’évertua à réitérer les bienfaisantes rencontres avec Guillaume, la nature étant le lieu propice aux passe-temps amoureux, sur la tendre mousse des sous-bois. Malheureusement, un jour, alors qu’ils se croyaient seuls, nos amoureux n’entendirent pas venir vers eux une jeune damoiselle, dont la mise laissait percevoir qu’elle devait être de bonne famille.

_      Alors, grand frère on se donne du bon temps ! s’écria-t-elle avec un rire narquois.

Guillaume reconnu aussitôt, à sa grande gêne, la voix moqueuse de sa jeune sœur cadette, Guillemette, qui les avait surpris à un moment crucial, alors qu’une éjaculation était en route. Consciencieuse, Emeline mena l’affaire jusqu’au bout, faisant fi de la gêneuse à un moment aussi important ; ainsi que l’affirme la sagesse populaire : « Quand le vin est tiré, il faut le boire ».

Ceci étant, après “ l’effort ”, le grand frère morigéna  sa cadette, incorrigible fureteuse qui s’occupait d’affaire qui ne la concernait pas. La sœurette fit remarquer l’inconduite d’un garçon  promis à une fille de bonne famille. Le frère répondit, de nouveau la sœur répliqua. Emeline laissa les belligérants régler leurs problèmes familiaux. Elle s’éloigna.  Elle avait exploré  une nouvelle forme de comportement amoureux ; pour elle l’épisode notarial était maintenant clos et bien clos.

A plusieurs milliers de lieux, Albine dans l’angoisse, attendait la venue de Renaud. Elle n’osait imaginer qu’il puisse l’abandonner, qu’il ne tienne pas parole, mais plus le temps passait, plus elle se désespérait. Il tint cependant parole, et la nuit étant tombée, il était là. Les deux amants se jetèrent dans les bras l’un de l’autre, s’étreignant avec fougue, ravis de se retrouver enfin.

_        Ô mon Albine, je te retrouve enfin !

_        Ô mon Renaud, tu ne m’as pas abandonné !

Il faut dire qu’en cette médiévale époque, les amoureux cultivaient l’art de la rhétorique avec un remarquable brio.

_        Mon Alba, il te faut quitter ce palais,  convoité par les hommes de l’Emir Obolan et devenu un lieu trop peu sûr.

Avec l’accord de son maitre Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, elle allait trouver refuge dans le campement des croisés, où elle passerait pour un écuyer du comte. Pour cela, elle allait devoir, quitter son costume féminin, afin de revêtir celui communément porté par les écuyers, que Renaud avait apporté. Elle se déshabilla donc à cet effet, et ce qui devait arriver arriva : la vue du corps nu d’Albine, cette peau blanche parée d’un brun triangle velu  embrasa Renaud, qui perdit toute retenue. A son tour il se dévêtit et bientôt les amants se donnèrent du bon temps : caresses, baisers, mains fureteuses, titillements, toutes ces marques d’affection furent échangées et à plusieurs reprises ils connurent l’extase.

Tard dans la nuit, ils  regagnèrent le campement des croisés, où, nouvellement costumée, Albine, devenue Albin pour la circonstance, pouvait aisément passer pour un jeune éphèbe. Renaud lui trouva, dans les réserves de foin destinée aux chevaux, un gite secret, pour y passer la nuit ainsi que le jour suivant durant la bataille prévue contre les hordes de l’Emir Obolan.

On s’en souvient certainement, Aïcha, cette concubine  qui en son temps avait soulagé  le trop plein des ardeurs sexuelles d’Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, avait disparu ; les recherches d’Albine sa servante n’ayant pas abouti, nul au palais ne savait ce qu’elle était devenue. Nul, sauf l’Eunuque Tamère, témoin de cette soudaine disparition.

Aïcha n’était pas de noble origine ; c’était la  camériste d’une épouse officielle de Tacul, ayant appris l’art de la danse. Un soir elle œuvra en remuant un ventre suggestif  devant le sultan ébahi ; elle termina la nuit à ses côtés, dans sa couche. Au matin, son statut de servante se mua en celui de concubine. Dès lors, elle eut souvent l’occasion de charmer son maitre par ses talents chorégraphiques et son attitude au lit pour laquelle elle ne manquait pas d’un talent certain.  Dans le petit monde du harem, cette position particulière suscita convoitise et jalousie, aussi la disparition du sultan lui donna à réfléchir. Elle en vint à se demander si à l’avenir il garderait son statut particulier et une idée lui vint : elle s’en ouvrit à l’Eunuque Tamère.

Pourquoi lui ? Quelles étaient donc les raisons particulières d’un tel choix ?

Raimondo (à suivre)

*********

(*) On remarquera que l’auteur a utilisé l’expression sucette peut-être moins répandue que d’autres ; il faut préciser qu’au Moyen Age le tabac n’était pas connu et par voie de conséquence, on n’avait pas encore inventé le mot  pipe.        (Note de l’éditeur)

Emeline et Adalbert 04

Posted in Perlouzes solitaires on May 10th, 2011 by gerard – Comments Off

Déjà le quatrième épisode ! Hé bé, ça commence vraiment à virer « en sucette » diraient les gens du Nord, à tourner « en biberine » plussoieraient les gens du Midi, mais qu’est-ce qu’on se marre !

 Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, contemplait la belle Albine ; il était partagé entre deux sentiments : celui de respecter cette jeune fille, marquée déjà par un cruel destin et celui, moins avouable, de vivre quelques délicieux moments de tendresse. Son esprit vagabond, la dévêtait,  imaginant les gracieuses courbes de son corps juvénile et il sentait monter en lui un fébrile désir, qui se manifestait sous ses braies par un grossissement de son sexe dont l’origine ne pouvait faire aucun doute.

-   Ma petite tourterelle, viens te reposer dans mon nid.

Il avait fait un réel effort pour trouver un mot charmant, romantique avant la date, qui  cachait à vrai dire, de salaces idées. Albine, de son côté, n’était pas indifférente à une proposition qui arrivait à point nommé, après de longs mois d’une pénible continence. Elle allait céder, quand la porte du salon s’ouvrit sous la poussée de Renaud, un écuyer du comte.

-   Monsieur le Comte, je vous cherche depuis un bon moment ; notre Roi réclame  la présence de tous ses capitaines pour un conseil de guerre. Il vous faut le rejoindre aussitôt.

On annonçait en effet la venue imminente d’une troupe d’infidèles décidés à venger le Sultan Tacule et bouter les croisés hors du palais. Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, à son grand regret, allait devoir interrompre les moments d’intimité avec Albine, pour se rendre à l’appel de son Roi.

Albine, d’abord déçue de ce départ précipité qui mettait fin à quelques délicieux projets,  remarqua  très vite  l’écuyer du comte ; il se fit alors en elle un grand bouleversement, dont,  à n’en pas douter, le jeune homme était  la cause : elle ressentit soudain un frisson inconnu, une envie irrépressible de se faire toute petite entre ses bras pour y chercher la sérénité. Ce sentiment lui était nouveau ;  jusqu’ici, la nature avait parlé, la poussant vers les hommes pour y cueillir une bienfaisante quiétude,  un délassement qui calmait ses sens. Cette fois, il y avait quelque chose de nouveau, un sentiment qu’elle ne savait trop qualifier, n’osant encore y percevoir de l’amour.

-Viens, dit-elle, en lui tendant la main.

Il suffit parfois d’un simple mot pour que naisse une belle histoire.

Les deux jeunes gens se retrouvèrent côte à côte sur un confortable sofa, appelé, cela va de soi dans ces régions, une ottomane. Ils restèrent un long moment serrés l’un contre l’autre sans mot dire puis en vinrent à des jeux plus intimes, des caresses et des baisers, alors que leurs mains fureteuses cherchaient des points sensibles et agréables à effleurer. Renaud s’émerveillait à la vue de deux seins généreux dont il appréciait la fière tenue et qu’il s’évertuait à titiller pour leur donner vie. Albine se réjouissait de ces hommages ponctués par de tendres  paroles affectueuses. Ils prirent tout leur temps pour échanger les préliminaires divers et variés qui les menèrent au nirvana et pour la première fois de sa vie, émue comme elle ne l’avait jamais été, la jolie servante versa quelques larmes que Renaud essuya avec ferveur.

Ils restèrent longtemps l’un contre l’autre, silencieux, dans l’attente d’une renaissance et d’une nouvelle explosion de leurs sens. 

 Et pendant qu’ils vivaient cet interlude exquis, le Roi de France donnait à son ost les dernières consignes pour mener à bien la bataille qu’il envisageait dès le lendemain matin, sur un grand tertre situé hors de la ville. Suivant les conseils du connétable, on avait choisi une position stratégique en hauteur qui obligerait l’ennemi à faire effort pour engager le combat au corps à corps. Les chevaliers disposés en trois ailes, la gauche et la droite encadrant le centre, devraient le moment venu, prendre les infidèles en tenaille et les enfermer dans un cercle empêchant toute velléité de fuite. Arriverait alors la piétaille, les biffins de l’époque, chargée d’embrocher les survivants, à l’aide de leur angon ou leur javeline.

Dieu ! Comme on savait faire la guerre en ces temps anciens ! Comme on n’hésitait pas, à occire allègrement l’ennemi, pour éviter de s’encombrer d’inutiles prisonniers.   Seuls étaient épargnés les grands, les écussonnés, à qui on réservait le droit de pouvoir recouvrer leur liberté en payant une lourde rançon. De plus,  ces guerres de croisade assuraient aux glorieux assassins l’assurance d’obtenir le repos éternel dans un Paradis, dont l’aspect pouvait varier suivant les croyances, mais à coup sûr, un lieu de délices. Tout cela n’était-il pas magnifique ?

Le conseil de guerre terminé, les chevaliers quittèrent le palais pour rejoindre leurs hommes parqués dans un caravansérail où ils tenaient position.  Ce départ, ayant fait quelque bruit, attira l’attention de Renaud qui décida, à son grand regret, de se rhabiller afin de rejoindre son maître et sa troupe. Quand à Albine, elle se demandait quel allait être son devenir, mais l’écuyer, qui semblait avoir devancé toute question à ce sujet, la rassura :

-    Petite Alba, (il avait imaginé pour elle ce diminutif plus intime) reste cachée ici jusqu’à la nuit tombée ;  je viendrai alors te chercher et t’assurer une retraite en lieu sûr.

Avant de se séparer, un long baiser, quelques privautés, des mains baladeuses, des doigts fureteurs scellèrent ce projet, Albine se demandant si Renaud tiendrait promesse…

Mais, au fait, qui étaient ces infidèles, venus, tardivement concédons-le, au secours de leur ami, le Sultan Tacule ? Il s’agissait en fait d’une armée constituée par un personnage assez louche, l’Emir Obolan, qui présidait aux destinées de l’émirat d’Aigou. Depuis longtemps, Obolan était jaloux de la puissance et la richesse de Tacule, dont il enviait en particulier le harem très abondamment fourni : intervenir constituait un moyen de s’emparer de ces richesses qu’il convoitait depuis de nombreuses années. Certes, les chevaliers français occupaient une position stratégique de choix, mais Obolan ne doutait pas que ses courageux guerriers se comporteraient avec une fougue apte à faire des miracles.

Au petit jour, les belligérants étaient en place, prêts au combat. Mais, car à la guerre, il y a parfois des “ mais ” qui surgissent alors qu’on ne les attend pas, les chevaliers français, ne trouvèrent personne face à eux : l’ennemi, fantaisie inexplicable de la guerre, n’étaient pas devant eux, mais derrière. Cela aurait pu changer le cours de l’histoire, déstabiliser nos preux, risquer de compromettre l’issue de la bataille : il n’en fut rien ; le connétable, par une de ses idées qui font le génie des grands chefs de guerre, commanda une manœuvre de retournement, qui fit merveille. Certes, cela conduisait l’aile gauche à se trouver à droite, et l’aile droite à gauche, mais les français d’alors, ces glorieux descendants d’Astérix, de Vercingétorix, et autres héros en “ Ix ”,  ne se laissèrent pas démonter  par d’aussi insignifiants détails, et se tinrent prêts à l’assaut.

Lorsque le soleil apparut, aux cris  de « Saint Denis Montjoie » et de « Allah Akbar », le combat commença et Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, comme à l’accoutumée,  fit montre de sa légendaire vaillance.

Raimondo ( à suivre)

Emeline et Adalbert 03

Posted in Oulibouf on March 10th, 2011 by gerard – Comments Off

 Et voilà que l’ami Raimondo nous apporte la 3ème pierre de son momumental roman médiéval. Au passage, son érudition nous fait redécouvrir un vieux mot “olisbos”, le genre de terme difficile à placer dans une conversation de bobos contemporains.

 A Coucy, une troupe de baladins avait fait halte au manoir et moyennant le gite et le couvert ils donnèrent durant la soirée un spectacle de chants, danses et acrobaties qui ravirent les résidents du château. Il y avait  là, un jongleur qui jonglait, un poète qui poètait, un acrobate qui acrobatait ainsi qu’une jeune fille à la voix particulièrement harmonieuse, Aude, qui charma Emeline par la pureté de ses arpèges. Les deux femmes se lièrent d’amitié et, alors que les hommes trouvèrent pour la nuit  un abri dans les combles, Emeline proposa de partager son lit avec Aude. Toutes deux conversèrent longuement de tout, de rien, de leur vie, et bientôt leurs peaux se frôlant, une onde particulière les parcourut ; Aude se fit tendre et Emeline apprécia cette tendresse, certes nouvelle pour elle, sans s’y soustraire. De baisers en attouchements éclata un feu d’artifice qu’Emeline découvrit avec ravissement. Elle se souvint alors  qu’au couvent des Oiseaux, où elle avait été éduquée par les Ursulines, elle avait souventes fois perçu,  dans le dortoir des grandes, des bruits divers qui se terminaient par des vagissements de satisfaction. Quelques années plus tard, elle avait enfin l’explication de ces bruissements furtifs qu’elle percevait autrefois.  

Au réveil, elle se retrouva seule dans le lit, Aude étant repartie avec la troupe d’artistes qui devaient donner spectacle à la foire annuelle de Trifouilli les Olivettes. Elle repensa aux péripéties de la nuit ; ne regrettant pas cette expérience, elle songea qu’à l’occasion elle pourrait la renouveler, mais continua de penser que rien ne vaut une bonne bite qui bande, et celle de son cousin Florian lui revenait souvent à l’esprit. Pour l’heure elle songeait qu’il serait peut-être bon de se rendre à confesse. Depuis bien longtemps, elle n’avait pas avoué tous ses péchés, surtout ceux de la chair, et il lui paraissait utile de réparer cet oubli.

On se doute bien que la vie dissolue qu’elle décrivit, engendra de la part du confesseur une extrême colère.

_ Ma fille, vous n’êtes qu’une dévoyée, une pécheresse lubrique semblable aux femmes de Sodome et Gomorrhe, une âme promise au feu éternel. Vous ne méritez que mon profond dédain et n’êtes pas digne de mon absolution.

Ainsi donc, Emeline repartit sans le pardon qu’elle venait chercher. Heureusement, le sacristain qui avait entendu les imprécations de son curé, vint au secours de la pauvre femme éplorée. Il lui prodigua de douces paroles et de ses mains la combla  de caresses de plus en plus intimes, dont Emeline s’effaroucha quelque peu; mais le brave consolateur la rassura :

_ Ne craignez rien, ces effleurements ont pour but de faire passer vers moi toutes vos fautes afin que vous en soyez libérée.

Emeline fut assez naïve pour le croire.

Les caresses se firent plus pressantes, plus intimes, se transformèrent en privautés, firent naître de nombreux picotements, puis des embrasements, surtout lorsque les doigts du dévoué sacristain s’immiscèrent dans l’antre humide et produisirent un effet fulgurant.

_ Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa…!!!

_Parfait, vous venez de vous libérer de toutes vos fautes, que je prends désormais à mon compte.

_C’est merveilleux ! Vous êtes mon bienfaiteur ! Que puis-je faire, pour vous remercier de votre générosité ?

Une solution fut trouvée : une petite branlette des douces mains d’Emilie,  fit s’éjaculer toutes les fautes que ce brave sacristain portait en lui ; la boucle était bouclée, tout était pour le mieux et pour l’avenir, Emeline décida d’utiliser ce mode de confession pratique et loin d’être désagréable.

Elle put donc à loisir poursuivre une vie quelque peu dissolue, au gré des occasions qui ne manquèrent  pas de se présenter, et lorsque le besoin d’expier ses fautes se faisait par trop sentir, elle avait recours à son généreux ami le sacristain.

De son coté, Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, sans se soucier d’une conduite qui pouvaient lui valoir une damnation éternelle, menait joyeuse vie, ainsi d’ailleurs que bien des croisés de son entourage, vivant comme lui  le repos du guerrier. Il poursuivait avec Aïcha (il avait appris son nom depuis peu) les très tendres instants d’une fort agréable liaison. Il regrettait cependant de n’avoir pas revu la servante avec laquelle il aurait volontiers passé quelques bons moments, tant il avait apprécié en son temps, la douceur de ses mains ; somme toute, il n’aurait pas refusé un petit encas avec elle. 

Et un jour, par un bel après midi ensoleillé, où il prévoyait de faire une sieste coquine, le miracle se produisit : elle se présenta dans le salon et d’une voix ensorcelante expliqua en un français le plus pur, les raisons de sa venue.

_ Noble guerrier, la princesse Aïcha ma maitresse a disparu et malgré toutes mes recherches, je ne sais ce qu’elle est devenue.

_ Mais tu parles à merveille ma langue, ce qui n’est pas le cas de ta maitresse, comment cela se fait-il ?

Et la servante conta les péripéties de sa vie mouvementée.

Albine, c’était son nom, née dans une famille de gens du voyage,  parcourait les routes de France avec les siens au gré des foires ou des fêtes patronales, sans oublier le pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer.  Elle apprit  très tôt  l’art de la mendicité et celui de la rapine, sans oublier la pratique de la chiromancie, qu’elle maitrisait parfaitement grâce à son imagination débordante. Avec le temps, elle devint une magnifique adolescente dont la peau halée par la vie au grand air, la chair ferme, les formes remarquables faisaient l’objet  de la  convoitise des hommes de son entourage. On commença à lui tourner autour et finalement un oncle l’initia aux doux jeux de l’amour. Ce fut pour elle une très agréable expérience qu’elle apprécia à sa juste valeur, tant elle apportait à son corps  une bienfaisante relaxation.

Lors d’un pèlerinage aux Saintes Maries, elle rencontra quelques beaux  gardians, avec lesquels, il va sans dire, elle voulu tenter  de nouvelles et fructueuses  expériences. Elle devint ainsi, au jeu de la bête à deux dos, une très experte partenaire et cette année là, le pèlerinage fut pour elle un émerveillement.

Mais le destin, farouche détracteur de la vie, vint contrarier le bonheur de la belle. Alors que les gens du voyage s’apprêtaient à quitter Les Saintes Maries, des pirates arrivés par la mer attaquèrent leur campement, tuèrent les hommes et s’emparèrent des jeunes femmes, qu’ils vendirent au Sultan Tacule. Et c’est ainsi qu’Albine remarquée par sa beauté, se retrouva au harem, affectée au service d’Aïcha.

Elle y apporta sa gaîté, son savoir, son esprit d’initiative,  y apprit beaucoup de choses sur la vie de ces femmes recluses, soucieuses de leur apparence, adeptes, dans l’attente du bon vouloir de leur maître, de ces olisbos, ces pâles copies de sexe,  destinés à calmer leurs humeurs. En cette occurrence, Albine sut se rendre indispensable,  apportant à Aïcha l’aide voulue dans le maniement de  ces objets intimes nécessaire à son équilibre.

Ce récit toucha Adalbert Flavien Gaétan de Coucy ; il convint que cette malheureuse Albine n’avait pas toujours eu une vie facile et peut-être n’était-il pas séant d’agir avec elle comme un soudard. Et pourtant…

Raimondo (à suivre)

Emeline et Adalbert 02

Posted in Oulibouf on January 10th, 2011 by gerard – 3 Comments

Tadââââm!!! “Jouez quenouilles et quenouillettes!”, voici le deuxième volet de ce feuilleton incontournable de Raimondo!

 Alors qu’Emeline, privée de son « jardinier servant » doit se résoudre  à se contenter de ses petites caresses solitaires, Adalbert Flavien Gaétan de Coucy guerroie en Terre Sainte. Il s’est montré particulièrement actif lorsque les troupes royales affrontèrent celles du cruel et féroce Sultan Tacule. On n’hésita pas à faire les choses comme il convient et les estocs tournoyants firent tomber moult têtes, à la grande satisfaction des vautours qui se régalèrent de cette bonne chair. Le barbare Tacule lui-même n’échappa pas à cette tuerie savamment organisée et tous ces bons chrétiens, vainqueurs des combats, purent s’emparer de son fabuleux palais où l’on constata, avec satisfaction, la présence de 300 concubines et un nombre de servantes à l’avenant, de quoi assurer le repos des guerriers. Certes les eunuques, gardiens du sérail, s’interposèrent, et de leur petite voix aiguë, n’hésitèrent pas à manifester leur mécontentement ;  les plus virulents s’étant fait couper la tête (c’est tout ce qu’il restait à couper chez ces braves garçons), le calme fut promptement rétabli.

Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, au détour d’un couloir, croisa une sémillante jeune femme brune vêtue de voiles diaphanes qui laissaient deviner une fort agréable morphologie. Oubliant les bonnes manières, qu’il montrait d’ordinaire, mais qu’on perd très vite à la guerre, il tapota, puis caressa, puis tripota son joli petit cul potelé ; et la belle se tournant vers lui avec sourire extasié prouvant qu’elle appréciait cette gentillesse, il en profita pour effleurer une opulente poitrine qui avait tout pour combler les mains d’un honnête homme, et même d’un malhonnête. Alors, prenant le valeureux guerrier par le bras, elle le conduisit dans un salon paré de draperies multicolores, de voiles diaphanes, de tapisseries polychromes, dont le sol était jonche de douillets coussins.

Le doute n’était plus possible : on était prêt pour les tendres jeux de l’amour, et, les vêtements tombés,  chacun montra pour l’autre, une grande envie qu’ils n’hésitèrent pas à exprimer par milles caresses, sucions et autres frôlements passionnés. Soudain, l’inévitable se produisit : Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, sevré depuis quelques semaines, ne parvint pas à freiner une montée de sève qui vint maculer le joli buste de sa partenaire ; il en était tout marri, mais la belle pris la chose avec bonne humeur, éclata d’un rire sonore puis elle agita une petite crécelle en bois de santal, qui émit un son grêle ; aussitôt une tenture se souleva et apparut  une accorte soubrette, élégamment revêtue d’une longue robe, apportant une cuvette emplie d’une eau citronnée et des linges soyeux ; silencieusement, elle essuya avec douceur les seins maculés de sa maitresse, puis se tournant vers Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, elle nettoya, avec une dextérité qui prouvait une certaine pratique de la chose, les moindres recoins de son sexe avachi.

-    Grand dieu, songea-t-il, ces orientaux sont gens aux mœurs singulières, certes, mais avouons-le, fort plaisantes !

La soubrette à peine disparue, les jeux amoureux reprirent et Adalbert Flavien Gaétan de Coucy sentit des mains fureteuses  et une bouche vorace s’attaquer à son ventre avec une science du détail qui fit merveille ; en quelques minutes, son sexe repris une confortable allure.

-    Grand dieu, songea-t-il, ces orientaux sont gens aux ressources appréciables !

Et il s’élança, sexe en avant, sur le champ de bataille de l’amour, pour pénétrer sa bienfaitrice, qui attendait impatiemment, jambes écartées, la venue de son guerrier.  Elle l’accueillit avec des cris de bonheur, appréciant à leur juste valeur, les coups de boutoir bienfaisants d’Adalbert Flavien Gaétan de Coucy et ne bouda pas son  plaisir, lorsque lui survint un fantastique orgasme.

-  Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii……s’écria-t-elle en un long feulement continu.

-    Grand dieu, songea-t-il, ces orientales ont des voyelles orgasmiques bien différentes des nôtre ; mais après tout pourquoi pas ?

Et il poursuivit avec vigueur et sans se lasser, avec la même énergie qu’il mettait à la guerre, un assaut amoureux, qui apportait à la jeune femme un évident bonheur, à en croire les continuels «  iiiiiiiiii » qu’elle exhalait.   

Et pendant qu’Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, éjaculait sous un débordement de « iiiiiiiiiii» de sa compagne,  à des milliers de kilomètres de là, la douce Emeline jouissait, suivant la coutume occidentale, avec des « aaaaaaaaaaa » de bonheur.

Car, il fallait s’en douter, la tendre Emeline, ne put longtemps être sevrée d’une présence amoureuse, ses jeux solitaires s’avérant insuffisants. Et pour ne pas avoir à se heurter à l’irascibilité du Régisseur, elle décida de partir, elle-même, à la recherche d’une galante compagnie. L’occasion lui en fut fournie par la venue d’un sien cousin, Florian,  jeune adolescent qui, se dirigeant vers Montpellier afin d’y  poursuivre des études de médecine, fit étape au château. Elle se rendit vite compte, qu’elle ne lui était pas indifférente, mais il souffrait malheureusement d’une  inexpérience considérable. Elle prit donc l’initiative de faire une bonne action, en dévoilant à ce jeune damoiseau les intimes secrets des joutes amoureuses. Grâce aux leçons de sa délicieuse cousine, il apprit comment on titille délicatement les tétons d’une femme, comment on s’occupe tendrement de son petit bouton d’amour, ou comment conclure en investissant son nid douillet. Bref, il apprit beaucoup, et prit un immense plaisir à ces jeux, s’efforçant de faire parfois preuve d’une originalité qu’Emeline savait apprécier ; il est vrai qu’à son âge, on ne manque pas de souplesse, ce qui permet d’imaginer quelques positions sortant de l’ordinaire.

Il devait faire étape durant une nuit ; en fait, plusieurs semaines s’écoulèrent avant son départ, tant il appréciait l’accueil qui lui était fait et tant Emeline appréciait les réelles aptitudes de son jeune élève qui bientôt n’eut plus grand-chose à apprendre. Comme tous les amoureux de la terre ils se quittèrent en échangeant outre des baisers fougueux, d’intimes effleurements, afin de faire ample provision de souvenirs.

Et pendant ce temps là, en Orient, dans le merveilleux palais de feu le Sultan Tacule, les croisés prenaient du bon temps, et même du très bon temps…

Raimondo (à suivre)

Emeline et Adalbert 01

Posted in Oulibouf on November 10th, 2010 by gerard – 2 Comments

Voici donc,comme annoncé, le premier épisode de votre roman-feuilleton amoureusement concocté pour votre distraction par l’ami Raimondo. Nous vous souhaitons une bonne et récréative lecture!

EMELINE ET ADALBERT

Roman médiéval 

Ce matin-là, le comte Adalbert Flavien Gaétan de Coucy mettait la dernière main à la chatte ; en effet rejoignant l’ost royal qui partait en Terre Sainte pour la énième croisade,  il voulait combler sa charmante épouse Emeline une dernière fois, en prévision des longs mois de continence qu’elle devrait subir durant son absence. Ce à quoi il n’avait pas songé, c’est que l’on a beau être repu un jour, les jours suivants, on sent monter en soi une petite faim puis bientôt une grosse faim.

Emeline s’en ouvrit à son confesseur qui la mit en garde contre les péchés de la chair, agita très fort les foudres de la damnation éternelle, afin de calmer les ardeurs de sa pénitente. Et  cela la calma ; quelques jours, mais pas plus. Elle décida donc  d’en parler avec Aglaé, sa servante, femme mûre et pleine d’expérience. Cette dernière lui indiqua les bienfaits qu’on pouvait tirer en utilisant ses petits doigts. Inutile de préciser que la méthode apporta un grand soulagement dont Emeline fut émerveillée.

Mais, car il y a toujours un mais, si le frisson était là, un manque demeurait : la présence, ou plutôt l’absence, de ce va et vient subtil que l’homme imprime, dans ces moments intimes, avec le bienfaisant membre dont la nature l’a doté. Et les semaines passant, Emeline ressentait au plus haut point, le désir impérieux d’une présence en elle.

Or, il advint que le comte Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, fit parvenir à son épouse, un petit mot, pour donner de ses nouvelles, par l’intermédiaire d’un sien écuyer, jeune et beau, comme il n’est pas possible. Et là, Emeline fondit. Elle l’emmena dans ses appartements, se dévêtit, le dévêtit, et durant de longues heures, ils se caressèrent, se coucounèrent, se dorlotèrent, se picotèrent, se câlinèrent, bref, se firent tout un tas de bonnes choses fort agréables, qui les menèrent jusqu’au petit matin. Quelques heures plus tard, l’écuyer, après une dernière privauté manuelle sur la douce toison de  la comtesse, s’en repartit auprès de son maître.

Disons-le sans vergogne, Emeline avait apprécié l’intermède et songeait avec délice au retour probable du beau jouvenceau. Mais, ce retour tardant, elle sentit un délicieux picotement l’envahir, lorsqu’elle se rendit compte de la présence, parmi les domestiques du manoir, d’un jeune jardinier de fort belle allure. Certes, il était manant, mais Emeline, en femme ouverte au progrès social, ne s’arrêta pas à ces considérations bien étroites. Par un bel après midi ensoleillé, sous une accueillante tonnelle, Emeline put se rendre compte que les titres de noblesse n’intervenaient pas dans les jeux de l’amour ; ce cinq à sept (on peut supposer qu’Emeline est à l’origine de l’expression) fut absolument merveilleux et à plusieurs reprises, car ce jeune homme avait un fier tempérament, elle atteignit de bien agréables sommets.

Les choses auraient pu continuer ainsi ; Emeline avait tout pour palier l’absence de son époux et éteindre les feux qui l’embrasaient, mais, car parfois le destin intervient inopinément, et souvent mal à propos, le Régisseur du domaine s’étant aperçu du manège singulier qui se déroulait dans les frondaisons du parc, décida de mettre fin à ces pratiques intolérables. Soucieux peut-être de moralité, il congédia le jardinier purement et simplement.

  Raimondo (à suivre)